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Bruno Dufraisse, manager de transition, interview

« Avec un regard neuf, embarquer des équipes avec détermination

pour le succès de la mission. »

Vous avez une carrière de manager puis de dirigeant au sein de grands groupes (Caisses d’Épargne, GAN, L’Oréal, Total…), pourquoi avoir décidé de devenir manager de transition ?

J’ai choisi en 2007 de devenir manager de transition par goût du défi et du changement. Durant mon parcours, j’ai acquis des compétences stratégiques, opérationnelles, financières et managériales. Le moment était venu pour moi de combiner ces savoir-faire pour résoudre des problématiques variées, dans des contextes chaque fois différents. Je m’appuie sur ma curiosité, ma capacité d’adaptation, de vision globale et sur ma persévérance.

 

J’aime aussi le challenge qui me conduit souvent à intervenir dans l’urgence pour régler une situation. Le fait de n’avoir ni passé dans l’organisation, ni avenir programmé permet, à mon sens, d’avoir une clairvoyance particulière sur la situation, la stratégie à mener et, en accord avec le client, une liberté d’action. Je ne suis pas pour autant un franc-tireur : mobiliser, redonner du sens, embarquer les équipes est, pour moi, la clé du succès.

Faire ses valises en quelques jours, découvrir un contexte inconnu, poser un diagnostic, proposer un plan d’action, cela semble si rapide par rapport aux enjeux de la mission. Comment est-ce possible ?

Réactivité et prise de recul simultanées sont indispensables pour gérer une situation d’urgence ou de rupture. Je suis là pour recréer un élan, gérer une crise, anticiper les problèmes à venir. Avant de se mobiliser sur les enjeux à long terme, il faut savoir poser un diagnostic et prendre des décisions rapides, porteuses de sens.

Comment faites-vous pour obtenir rapidement l’adhésion des équipes dans un contexte de crise ?

Avec beaucoup d’écoute, d’empathie, de bienveillance mais aussi de lucidité et une focalisation constante sur l’objectif. L’expérience que j’ai acquise à travers le monde, au Brésil, au Canada, au Maroc ou en Europe de l’Est, a renforcé mon agilité culturelle et ma conviction qu’on ne règle les problèmes qu’ensemble, en conduisant un jeu collectif, en dynamique. Dans ma pratique professionnelle, je m’inspire de mon expérience sur le terrain mais aussi d’entraîneurs de rugby comme Pierre Villepreux : « Dans une équipe (de rugby), il n’y a pas de passager, il n’y a qu’un équipage !» et de grands joueurs comme Jonny Wilkinson : « « Le meilleur moyen d’atteindre son objectif au rugby est d’aider les autres à atteindre le leur. » ou Jean-Pierre Rives : « Accepter d’être capitaine, c’est perdre le droit à la facilité et à l’indulgence.»

Justement le rugby, comment cette passion vous guide-t-elle dans votre mission de manager de transition ?

J’ai pratiqué le rugby pendant 40 ans, et il m’arrive encore d’y jouer, avec une passion intacte. Plus que tout autre sport, le rugby se caractérise par une multitude d’options, rendues possibles par la quasi-infinité des choix possibles (jeu au pied ou à la main, en affrontement ou en évitement,…). Les forces et faiblesses de sa propre équipe, celles de l’adversaire ou les conditions climatiques sont à analyser et à exploiter ; elles se modifient constamment.
Comme dans les affaires, la conduite du jeu nécessite en permanence d’analyser la situation et de tenir compte d’un grand nombre d’informations et de leur évolution pour faire le bon choix.
Dès le début de ma carrière, j’ai perçu combien mon mode de management pouvait s’enrichir des valeurs de ce sport collectif, celle de l’endurance par exemple.
Aujourd’hui, je transpose souvent les attitudes et les stratégies du rugby dans les négociations professionnelles, l’animation d’équipes, le pilotage de projets ou tout simplement la résolution des problèmes du quotidien.
Le rugby c’est aussi une attitude dans la vie et ce n’est pas un hasard si l’esprit d’équipe, la solidarité, la loyauté, guident mon action.

Et votre prochaine mission ? Avez-vous déjà vos billets ? Pour quelle destination partez-vous ?

Ce pourrait bien être une mission de pilotage d’un projet de transformation digitale. Les enjeux de collecte et d’exploitation des data, de confidentialité des données, de numérisation, d’intelligence artificielle sont désormais cruciaux ! Les groupes financiers, industriels et de services font face à des défis gigantesques et ma contribution est un atout pour conduire leurs équipes à tirer parti du meilleur de la technologie.
Les missions à l’étranger sont particulièrement intéressantes ; elles sont, pour moi, la quintessence du management de transition : tout y est nouveau et il faut être prêt à faire face toutes les situations. Cela étant, ma prochaine mission est peut-être à quelques stations de métro, en tout cas, avec des équipes à remobiliser sur leur avenir.

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